Après la semaine «
Police », nous voici dans une période qu’affectionne particulièrement
Clint Eastwood : La semaine « Séduction, passion ».
(Textes proposés
par Stéphane Brunengo-Girard)
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un film oublié dans cette page : "LES PROIES"...
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l'article <<
"Play
Misty for me" (Un frisson dans la nuit)
Tous les soirs, un animateur radio
reçoit la même demande de la part d'une auditrice, fan de la
célèbre mélodie d'Errol Garner. C'est aussi le titre
original du premier film de Clint Eastwood, réalisé en 1971.
À l'époque, en raison de la très mauvaise image dont
jouissait l'interprète des aventures de Dirty Harry – en gros,
une brute épaisse doublée d'un dangereux fasciste dont nous
avons pu voir toutes les facettes dans la semaine « Police »
– son premier film est passé inaperçu.
Et pourtant, tout Eastwood se trouve déjà là : sa passion
pour le polar et le jazz ; son goût pour les ambiances nocturnes, prétexte
ici à un suspense paranoïaque haletant ; son goût affirmé
pour les scénarios rigoureux et sans fioritures.
C'est aussi l'occasion pour l'acteur de commencer à abîmer son
image en interprétant un personnage pas toujours sympathique, un peu
passif, à tendance masochiste.
Mais c’est aussi l’occasion de montrer son côté
séducteur qu’il impose par son charisme et par sa prestance.
Dans « Un frisson dans la nuit », c’est par sa voix qu’il
séduit.
Côté séducteur
que l’on commence à entrevoir dans la série des Harry
ou il séduit à la fois le témoin d’un procès
et sa voisine de palier (une belle asiatique) dans Magnum Force.
"MILLION
DOLLAR BABY
Dans « Million Dollar Baby », une forme de
séduction apparait quand Maggie prend la place vacante de la fille
de Frankie, tandis que ce dernier assume à sa façon le rôle
du père qui très tôt fit défaut à la jeune
femme.*
Après avoir repoussé plusieurs fois sa demande, Frankie se
laisse convaincre par l'inflexible détermination de la jeune femme.
Une relation mouvementée, tour à tour stimulante et exaspérante,
se noue entre eux, au fil de laquelle Maggie et l'entraîneur se découvrent
une communauté d'esprit et une complicité inattendues.
On retrouve un Frankie usé et marqué, mais ce sont ces stigmates
de la vie qui lui donnent séduction et humanité, un coach-manager
sur le déclin qui ne se remet pas du silence dans lequel s'est enfermé
sa fille. Elle ne veut même plus de sa correspondance...

Après avoir repoussé plusieurs fois sa demande,
Frankie se laisse convaincre par l'inflexible détermination de la
jeune femme. Une relation mouvementée, tour à tour stimulante
et exaspérante, se noue entre eux, au fil de laquelle Maggie et l'entraîneur
se découvrent une communauté d'esprit et une complicité
inattendues.
"SPACE
COW-BOYS"
Dans le climat de jeunisme qui caractérise l'entreprise
de divertissement mondiale d'aujourd'hui, le regard tendre, non dénué
d'autodérision, qu'Eastwood pose sur les hommes de sa génération
est aussi émouvant que jouissif. Et non dénué d'une
mélancolie morbide: autour des quatre héros, la faucheuse a
fait des ravages (ils ont tous perdus des amis, des proches...) et ne s'arrêtera
pas en si bon chemin (l'un d'eux est atteint d'un cancer).
Dans ces conditions, le choix du genre et des artistes qui vont s'y frotter
apparaît dans toute sa splendide ironie. Tommy Lee Jones, Donald Sutherland
et Clint Eastwood, titulaire des rôles principaux, ont incarné
la séduction virile pour toute une génération de spectateurs,
à une époque où l'effet spécial et la haute technologie
laissaient une plus grande place à la mise en scène et au simple
savoir-faire. Acteurs au temps du western triomphant, les voici parachutés
dans un univers étranger pour eux - exactement comme leurs personnages
obligés de s'initier à la navette spatiale en trente jours.
"JUGE
COUPABLE"
Steve EVERETT est un reporter de talent à la réputation
sulfureuse avec un penchant immodéré pour l'alcool et les femmes.
Sur le plan des relations amoureuses, il ne s'est guère assagi. Lasse
de ses fredaines, son épouse Barbara s'apprête à le quitter
et, bien qu'il l'aime toujours, il ne peut s'empêcher de courir le
jupon. Il a en ce moment une liaison avec Patricia, l'épouse de son
confrère Bob Findley, tout en couvant d'un œil doux sa jeune
consœur Michelle Ziegler.
Alors qu'il se débat au milieu d'une multitude de
problèmes, il est chargé de reprendre la couverture de l'exécution
d'un jeune noir du nom de Frank BEECHUM.
Mais très vite EVERETT a de sérieux doutes sur la culpabilité
du condamné à mort, et seul ce qu'il appelle son flair, le
pousse à prouver l'innocence de cet homme que tout accuse.
Une plongée dans la vie d'un journaliste déchu à la
recherche de sa rédemption. Du Clint Eastwood dans sa quatrième
phase, la plus mature et certainement l'une des plus intéressante
"SUR
LA ROUTE DE MADISON"
Dans ce film, on atteint les sommets de la séduction,
de la passion.
De passage dans l’Iowa, un photographe trouve logis dans une ferme
où Francesca est seule pour quelques jours. L’amour frappe à
la porte... D’une sensibilité étourdissante, ce film
porté par deux stars très au-dessus de la mêlée
a fait pleurer des millions de spectateurs.
Clint filme et interprète la passion en lettres capitales, puisant
dans l’extrême simplicité l’essence de l’émotion.
Il nous révèle une nouvelle facette de sa personnalité
encore plus prononcée que dans les films précédemment
cités.
Au lieu de jouer du Magnum 44, il joue avec son appareil photo qui apparaît
plus comme un objet de séduction (à la limite du phallique).
Clint Eastwood se réalise complètement dans ce film. De l’épanouissement
à l’état pur. Notons que Meryl Streep a 19 ans de moins
que lui, mais jouant de son art de la séduction, cette différence
d’âge disparaît au profit d’un grand spectacle.

"DANS
LA LIGNE DE MIRE"
Frank HORRIGAN est un agent des services secrets américains. Il ne
se remet pas de n’avoir pu empêcher, 30 ans plus tôt, l'assassinat
de Kennedy, alors qu'il était son garde du corps.
Dans ce film, Clint Eastwood apparaît comme un homme dur, solitaire
et brisé.
Lors d’une mission où Franck s’aperçoit qu’un
ex-agent de la CIA tente de tuer l’actuel président, il fait
la connaissance de la belle Lilly Raines interprétée par Rene
Russo. Alors que tout les sépare : âge (24 ans d’écart),
leur passé respectif, leur position dans la société
et pourtant Lilly ne mettra pas beaucoup de temps pour tomber dans les bras
de Frank. Probablement attendrie par cette homme vieillissant mais toujours
aussi battant, elle reconnaît chez lui la protection qu’un homme
peut apporter.

Dans ce film, Clint Eastwood se sert de ses talents de jazzman
pour la séduire lors de la scène du piano alors qu’il
s’était replié sur lui-même vivant dans un désert
affectif suite à l’assassinat de Kennedy.
"LES
PLEINS POUVOIRS"
Dans « les pleins pouvoirs » le problème
relationnel père/fille est encore développé face à
un homme seul, rejeté par sa fille à cause de son absence provoquée
par de longs séjours en prison.
La passion du père l’a amené à
suivre son évolution tout au long de sa vie. Il l'a vue indirectement
grandir, réussir ses diplômes, allant même inspecter dans
son réfrigérateur pour voir si elle avait une alimentation
équilibrée.
Luther Whitney séduit par sa tristesse. Il nous
transmet sa solitude et sa volonté de renouer avec sa fille. Le côté
voleur nous échappe complètement surtout que le butin sera
restitué à son propriétaire.
Enfin, la passion du père pour sa fille sera décuplée
quand les agents du FBI tenteront de lui faire du mal pour l’atteindre.
Le message « passionel » de ce film est de
montrer que l’on peut aimer sans jamais ouvertement le montrer mais
en ayant de petites attentions qui feront la différence.

"LA
RELEVE "
Dans « La relève »,
Clint Eastwood nous attendri en devenant humain. Il met son rôle de
cogneur à la réputation « fasciste » au profit
du rôle de père protecteur.
Comme pour « Million Dollar
Baby », tout d’abord réticent à prendre cette jeune
recrue sous son aile, il va se laisser séduire par son innocence et
son manque d’expérience.
David Ackerman (interprété
habilement par Charlie Sheen) séduit Nick Pulovski par ses questions
et sa soif d’apprendre. Alors que Nick Pulovski, solitaire dans l’âme,
renonce à jouer les nounous, une séduction va être opérée
par David Ackerman qui cherchera par tous les moyens à briser la glace
et se faire accepter et respecter.
Une Harley Davidson au fond du garage
de Nick viendra dénouer cette situation de refus.
"LE
MAITRE DE GUERRE"
Là encore, malgré le genre et le titre du film, on retrouve
le thème de la séduction, quand Highway retrouve son ex-épouse,
Aggie, dont il est toujours amoureux, mais qui a décidé de
refaire sa vie avec Roy Jennings, le patron du bar où elle travaille.
Difficulté des relations dans le couple…

LES WESTERNS
Les westerns dans lesquels Clint
Eastwood est apparu renferment plusieurs formes de séduction traitées.
Tout d’abord, c’est homme solitaire, énigmatique qui attire
beaucoup les femmes (ex : pale rider).
Le mystère, l’absence de conversation ou quelques mots ciblés
poussent le sexe opposé à lui tourner autour pour en savoir
plus, le découvrir.
A aucun moment, « l’homme
sans nom » révèle son passé, tout chez lui est
mystère et interrogation. Cette forme de séduction par l’absence
est aussi fréquente que redoutable, puisqu'elle attise les curiosités
et oblige les autres à venir vers lui.
Enfin, à cette époque
et notamment dans l’un de ses films culte (Le bon, La brute et Le truand),
Clint Eastwood est dans la fleur de l’âge. Il apparaît
comme ténébreux, avec un regarde profond, une prestance et
de ce fait devient inévitablement désirable.
Sources
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Largeur.com
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Fnac
Nathalie Le Fischer |