CLINT EASTWOOD
"Les secrets de Dirty Harry"
par Stéphane Brunengo-Girard

Clint Eastwood dans le rôle de L'inspecteur Harry Callahan a fait couler beaucoup d'encre (add-on complémentaire dans cette article), comme nous avons pu le voir dans l'article intitulé : Clint, le serial-killer d'Hollywood.
Accueil très contesté à sa sortie, il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui ce nom est devenu légendaire confirmant le statut de super star pour Clint.
Désormais, le simple nom de Clint Eastwood fait vendre mais ce ne fut pas chose facile car accéder au sommet de l'Olympe hollywoodien nécessite labeur et patience.
Le tournage du premier volet débutera en avril 1971 pour se terminer le 8 juin 1971.
Comme pour "Dommage Collatéral" avec Arnold Schwarzenegger dont la sortie prévue au mois de septembre 2001 fut repoussée à cause des attentats du 11 septembre, "L'inspecteur Harry" sort en pleine période de crise. En effet, Charles Manson est condamné à mort, la révolte du pénitencier d'Attica s'achève dans un bain de sang, et au mois de mai 71 une manifestation particulièrement importante a lieu contre la guerre au Vietnam. Richard Nixon, alors président, est très contesté. On lui reproche une guerre sans fin, aux victimes innombrables. Guerre qui aurait du déjà stopper sous le mandat de JF Kennedy 10 ans plus tôt.
C'est en partie en raison de cette situation politique troublée et d'une production hollywoodienne souvent contestataire, que "L'inspecteur Harry" sera l'objet de critiques virulentes et de nombreuses ambiguïtés dont Clint Eastwood sera longtemps la victime.
Face à une Amérique qui milite contre la guerre du Vietnam et prône l'amour et pas la guerre, "L'inspecteur Harry" échappe à la mode et au laxisme ambiant et sera à l'opposé des attentes du public.

Un matricule qui fait trembler
 San Francisco : le 2211
Petit rappel

Pour les 5 volets des aventures de "L'inspecteur Harry", Harry Callahan utilise toujours le même Magnum 44 (révolver, donc barillet, contre l'automag 44 qui est un pistolet, donc automatique à chargeur par le dessous). Il le manipule comme si c'était un jouet et on a tous en mémoire cette phrase : ""I know what you're thinking. Did he fire six shots or only five? Well, to tell you the truth, in all this excitement, I've kinda lost track myself. But being as this is a .44 Magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you've got to ask yourself one question: Do I feel lucky? Well, do ya punk?"
(Je sais ce que tu penses. A-t-il tiré six coups ou seulement cinq? Et bien, pour t'avouer la vérité, dans toute cette excitation, je ne m'en souviens pas moi-même. Mais comme le Magnum 44 est l'arme de poing la plus puissante au monde, capable de te faire sauter la tête, tu dois te dire : Est ce mon jour de chance? Alors, oui, voyou?)


Do I feel lucky? Well, do ya punk?
Visualiser la vidéo de la scène
Version VO. Sources : clinteastwood.net
Nous vous proposons à nouveau de télécharger de façon inédite les papiers de la WARNER
pour la réservation du 44 Magnum pour le tournage des HARRY :
                     1er document - 2eme document - 3eme document

Le 44 Automag

Mais en fait, si j'écris cet article c'est aussi et surtout pour vous parler du second Magnum 44 utilisé par Clint : Le 44 Automag.
Tout d'abord, Le 44 Automag est un pistolet et non un revolver. Un pistolet est à chargeur et culasse mobile (extraction de la balle à chaque coup) tandis qu'un revolver est à barilier de 6 coups (conserve les douilles vides) dans les autres Harry.
Le 44 Automag a été à l'origine créé vers la fin des années 60 par Pasadena Corporation. Après la fermeture de Pasadena, plusieurs compagnies ont eu leur propre version de l'arme à feu, comme : TDE North Hollywood, TDE El Monte, High Standard, TDE / OMC, et AMT.
Contrairement à ce qu'on a pu dire et écrire, le 44 Automag utilisé dans SUDDEN IMPACT ne fut ni le modèle produit par Pasadena Corporation, ni même celui produit par AMT.
Il fut spécialement créé pour ce film. De plus, sur les 2 modèles fabriqués, seul 1 exemplaire tirait à balles réelles, l'autre étant employé pour toutes les scènes de tir.
Cette arme ne sera utilisée que pour le film "Le retour de l'inspecteur Harry" en 1983 (SUDDEN IMPACT)

L'origine de l'Automag de Harry

Dans le roman, le scénariste du film indique l'introduction de l'Automag :
Harry l'avait reçu comme cadeau. Un mari reconnaissant dont la femme avait été victime d'une prise d'otage, s'avère être en fait un armurier. Quelques mois après que Harry ait sauvé son épouse, le mari envoyant le 44 Automag dans une belle boite avec un mot dessus :  "vous avez sauvé la vie de mon épouse. Peut-être ceci aidera à sauver le vôtre."
En tant que flic, Harry n'avait jamais rien accepté, même pas une tasse de café, mais il accepta ce cadeau. Ce fut comme si on lui offrait un permis de tuer, qu'on validait ses actes de "justicier".

L'Automag de Harry en photos

Sources : www.modelguns.co.uk
N'hésitez pas à consulter le site si vous souhaitez plus d'informations sur le 44 Automag

Anecdotes :
1) 
"Magnum Force" (1973) a fait 50 millions $ au box office, battant "L'inspecteur Harry" de 3 millions de $
Le film fut mieux accueilli après que les tentions se soient dissipées et que Clint ait eu des explications sur son rôle dans le premier volet.

2) Toute la publicité avait été faite autour de Frank Sinatra qui devait joué le rôle de l'inspecteur Harry, mais une blessure au poignet le priva de cette belle expérience.
Avant même que le nom de Clint Eastwood ne soit envisagé, ceux de John Wayne et de Steeve McQueen ont été envisagés.
3) En suite, ce fut au tour de Paul Newman alors agé de 46 ans de prendre la relève de Frank Sinatra. Mais se trouvant trop vieux pour les cascades et ce rôle de filc déclina l'offre et suggéra Clint Eastwood.
Paul Newman opta pour une production la même année avec : "Sometimes a Great Notion".
A l'époque, le nom de Clint, trop connu dans le rôle de cow-boy ne venait pas naturellement à la bouche des producteurs.
En un mot : "pas assez vendeur!"
Pour mémoire, dans "Quand les aigles attaquent" (1968), Richard Burton n'avait jamais entendu parlé de Clint et réclama Richard Egan pour le rôle. Mais plus tard, Richard Burton en parlant de Clint sur le tournage du film dira : "Il me semble ne rien faire et dirige en fait tout, comme Mitchum et Tracy".

4) Au moment où l'article "Clint Eastwood - Le serial killer d'Hollywwod" avait été publié, nous n'avions pas encore les photos où je parlais de "Play Misty for me". Voilà qui est réparé. /!\ Ceci est une vraie affiche pour la sortie du film.
"Play Misty for me", film de 1971 réalisé par Clint Eastwood est sorti quelques mois avant le premier volet des Harry : "L'inspecteur Harry" (1971). On peut sans aucun problème dire que c'est une co-production entre Don Siegel et Clint. En brillant business man, Clint ne perd jamais une minute à l'esprit les affaires et profite de "L'inspecteur Harry" pour glisser l'image d'un cinéma qui annonce la sortie de "Play Misty for me".

Clint tournant dans la rue où le cinéma projecte : "Play Misty for me!". Déjà le sens des affaires
5) Le saviez vous?
La renommée veut que ce soit à John Milius que l'on doive le texte du monologue prononcé par Clint. Il reçut au vu du succès remporté, 35.000$ et en prime, un shotgun Purdey pour sa collection d'armes personnelle.
6) Enfin pour finir pour les anecdotes, durant le tournage de "L'inspecteur Harry" Don Siegel tombe malade (une petite grippe). Les coûts étant trop importants pour suspendre le tournage, c'est tout naturellement que Clint prendra la relève.
Clint à ce sujet : "Don avait la grippe, et je l'ai remplacé pour la séquence où l'inspecteur essaie de convaincre le candidat au suicide de ne pas se jeter dans le vide...j'ai tourné cette scène puis une autre et j'ai commencé à songer plus sérieusement à la réalisation". Interview datant de janvier 1985.

Et Clint de rajouter : "Le studio m'avait donné 6 jours de tournage. Je ne leur en avais demandé que 2 et j'ai tourné en 1 journée".
Devinez qui est le candidat au suicide sauvé par Harry : Buddy Van Horn sa propre doublure.
Don Siegel aura lui aussi une scène : l'homme qui court dans la rue c'est lui.

Affiche
Titre
Lieu de tournage
Recettes générées
Divers
L'inspecteur Harry
1971
Tournage à San Francisco (Golden Gate Bridge, Mount Davidson Park, Kezar Stadium), San Anselmo (Mary Country),
Sir Francis Drake Boulevard.
N.C
Premier titre :
Dead Right
Tournage d'Avril
au 8 juin 1971.
Magnum Force
1973
San Francisco
Recettes USA :
20.100.000 $
Premier titre :
Vigilante
Début du tournage à la fin avril 1973
L'inspecteur
ne renonce jamais

1976
San Francisco
Recettes USA :
24.000.000 $
Premier titre :
Moving target
Le retour de l'inspecteur Harry
1983
San Francisco
Recettes USA :
34.800.000 $
-
La dernière clible
1988
San Francisco
Coût de production :
14.000.000 $

Recettes USA :
19.000.000 $
Tournage du 17/2/88 à mars

Bien que touné après Bird, ce film est sorti avant aux USA

Produits dérivés : Ce que le mythe de l'inspecteur Harry a créé. En passant par les vêtements, les jeux vidéos, les pneus de Buggy, les bars/restaurants, les lunettes de soleil, les flippers, etc... Une large gamme de produits est sortie et sortira encore.

    
Notez que pour le "film" de gauche, c'est une production Don Siegel.
La copie a été poussée jusque dans les moindres détails.
Il s'agit là plus d'un hommage que de quelque chose de sérieux.
Mais quand on voit le succès remporté par les aventures d'Harry Potter, ceci apparait comme une grande preuve de respect



Autre marque de respect : Le rap avec Dirty Harry


Les flippers ont depuis les années 60 énormément la côte dans les bars et autres lieux de rencontres.
Tous les plus grands succès du cinéma y sont proposés. Difficile de ne pas parler de cette pièce rare.

Clint en argile
Entre 20 heures et 30 heures de travail
Sources : http://members.aol.com/classicplastick/gallery1.html
Des vestes "Dirty Harry" sont également en vente
La Dirtymania va jusqu'au pneus de Buggy "Dirty Harry"

    

Bien évidemment, les éternels timbres postaux ont aussi honoré L'inspecteur Harry

Un lieu devenu mythique et incontournable : Le "Dirty Harry's" de Daytona (Floride)


Clint et Sondra Locke sur une Harley Davidson dans le film :
"L'épreuve de force" (1977)
Daytona Beach en Floride rend également hommage à l'inspecteur Harry.
Cette ville accueille chaque année au mois de mars, l'un des plus grands rassemblements de Harley-Davidson au monde. Il est difficile de ne pas se rendre au Dirty Harry's situé sur Main street, la rue principale de la ville où se rejoignent les bikers. On y passe des films sur les Harley Davidson, bien évidemment mais on y retrouve aussi des répliques d'armes du célébre inspecteur.

Dirty Harry's
705 Main Street
Daytona Beach, FL 32118
Phone: (386) 248-1611

Un autre lieu mythique : n°701 de la 3è rue de San Francisco

GO AHEAD, MAKE MY DAY !


Lieu rendu célèbre par L'inspecteur Harry.

Le McDonald's situait au n°701 de la 3è rue s'appelait Tiger avant qu'il ne devienne Mc Do, quand L'inspecteur Harry prononça ces paroles devenues à la fois mythiques et immortelles. Cet endroit est le lieu précis où furent prononcées ces paroles en 1983 dans "Sudden Impact" (Le retour de l'Inspecteur Harry).
Il y a une forte ambiguité que nous nous devions de corriger. En effet, le n°701 s'appelait Doggie Diner. Certains guides de film donne le n°695 comme étant l'adresse correcte. D'où vient cette erreur? En fait, à la fin de l'année 1996, Burger Island déménagea du n°701 au 695. C'est pour cette raison que le numéro 695 est donné.



Go ahead, Make my day!
Télécharger

L'homme qui fait trembler les compagnies d'assurance : Clint Eastwood

Un jour sur le tournage de "L'inspecteur Harry", Don Siegel demanda à Clint à quoi servait Buddy Van Horn (coordinateur de cascades mais surtout doublure de Clint. Clint réponda : "à me donner des conseils!".
En effet, il insistait pour faire la plupart des cascades. De plus certaines en gros plans (cf : illustrations ci-dessous) ne pouvaient pas faire appel à Buddy. Le problème est que les assurances sont très strictes et ne voulaient pas couvrir les cascades de Clint.
Clint très sportif (cf : article sport) insista pour relever le défi. Le public venait le voir LUI et pas une doublure.
Je vous ai mis une photo tirée de "Dans la ligne de mire" (1993) où toujours fidèle à lui même continue de se suspendre dans le vide. Notez que dans ce film, Clint a 63 ans.


Clint Eastwood dans "La ligne de mire" (1993)

Les lunettes de Harry

Plusieurs modèles furent utilisés avec une marque "préférentielle" : Ray Ban.
Après, il y a eu tout ce que l'on peut appeler les "dérivés", à savoir d'autres marques qui prennent l'appelation de "Dirty Harry" pour un de leur modèle.
Hormis la marque Ray Ban, officiellement utilisée pour le film, nous ne nommeront pas les autres marques.

Ray Ban Baloramas
Modèle utilisé dans "Dirty Harry" et "Magnum force"

L'inspecteur ne renonce jamais

L'inspecteur ne renonce jamais

Clint portant le modèle : ray ban RB2009 dans L'inspecteur Harry

Petite entorse à la marque Ray Ban avec le modèle Gargoyle Black Metal Frames
avec les boucliers de sport en verre bleu fut le modèle utilisé dans "Sudden Impact"...
Ce fut le tout premier modèle officiel de la marque.

 
Sudden Impact en 1983

 



Ensuite, d'autres marques reprendront l'appelation "Dirty Harry"
pour vendre leurs lunettes

Conclusion : Après avoir été longtemps critiqué lors de sa sortie, le temps donnera raison à cette "saga" et L'inspecteur Harry est entré dans la légende depuis longtemps. Des phrases sont devenues célèbres comme "Je sais ce que tu penses. A-t-il tiré six coups ou seulement cinq?..." , "l'homme sage est celui qui connait ses limites", ou bien encore et surtout avec "Go ahead, make my day!", phrase que pronoça le président Ronald Reagan lors d'un congrès.
Facile de dénoncer le côté fasciste du personnage ou ses méthodes peu communes, mais les chiffres et la renommée sont là pour prouver le contraire en mettant "Dirty Harry" parmi les meilleurs entrées 1971 après un film comme "Le parrain". Le droit de tuer et la justice sommaire, ok! Mais comme dit si bien Harry à Briggs dans "Magnum Force" (1973) : "Qu'y a t il de mal à tirer? Tout dépend sur qui on tire!".