Je connais Clint depuis 35 ans. Durant tout ce temps il n'a cessé d'élargir et diversifier son champs d'action, de montrer une confiance croissante dans ses moyens, une maîtrise artistique toujours plus grande, bâtissant une œuvre sans équivalent dans le cinéma moderne par la diversité de ses thèmes et de ses atmosphères. Je me réjouis aussi de voir le monde l'acclamer, témoigner de l'attachement pour son travail , luii reconnaître des talents que lui-même n'a jamais revendiqué . C'est peut-être ce qui me plaît le plus: voir Clint rester l'homme qu'il a toujours été et ne jamais se départir de sa modestie ."Moins c'est mieux" aime -t-il à dire et cela s'applique en premier lieu à son égo, inversement proportionnel à la confiance qu'il accorde à son équipe et à son propre instinct créatif".
Steven Spielberg
Par J.P. Godard
L'AMERIQUE EN "LIGNE DE MIRE"
Après "Mystic river" (la pédophilie) , "Million Dollar Baby" (l'euthanasie), deux sujets tabous dans le cinéma américain, Eastwood nous envoie avec « Mémoires de nos pères » un tiercé gagnant du politiquement incorrect… en attendant peut-être un quarté avec "Lettres d'Iwo-Jima" à venir.
Un film c'est avant tout un scénario. Et les deux compères qui l'ont concocté se sont déjà fait remarquer. William D.Broyles Jr. a travaillé pour Ron Howard dans la capsule "Apollo 13" avec Tom Hanks et surtout avec Zemeckis, vieux complice et ami de Spielberg (1941), pour "Castaway" et "the Polar Express" eux aussi avec Tom Hanks… un habitué des films de Spielberg.

Clint et Steven à la première américaine...

Récemment, Steven disait de Clint :
" A son âge, il a toujours la capacité de surprendre, par son éclectisme, notamment..."
Mais Broyles est surtout l'auteur corrosif de "Jarhead" sur la première «vraie-fausse» guerre d'Irak de papa Bush. Film réalisé par Sam Mendes découvert… par Spielberg (American Beauty-Oscar). Le second est le bien connu Paul Haggis, auteur de « Million $ Baby » et réalisateur de « Collision » (Oscar). Sans oublier Spielberg, ami de Cint, co-producteur du film et dont la présence se sent fortement dans ce film. Nous sommes donc en famille.
Le script de « Mémoires de nos pères » est admirable dans sa construction (typique d'Haggis), ses dialogues souvent cinglants avec un humour noir réjouissant. Il faut y rajouter de forts moments d'émotion. La photo est très travaillée et le tournage en Islande passe comme une lettre à la poste: après avoir vu des photos d'archives de 1945, on y croit: nous sommes bien à Iwo Jima dans le Pacifique.

Paul Haggis
Etonnant de réalisme. Quant à la mise en scène elle est d'un niveau supérieur, peut-être la meilleure du réalisateur. Le choix d'acteurs peu connus (sauf l'excellent Adam Beach ,l'Indien, repéré dans le très médiocre "Windtalkers" de John Woo) donne une vérité et une crédibilité supplémentaire à l'histoire. Ils sont tous dirigés formidablement par le maître et donnent le maximum.
Reste le fond : le propos de Clint qui ne fait pas dans la dentelle, mais comme toujours avec sa grande élégance. L'horreur de la guerre est tournée sans concession, dans toute sa stupidité et son horreur. Les tripes au soleil . Spielberg avait ouvert la voie avec dans son prologue et son "Soldat Ryan". Eastwood enfonce le clou.
Deuxième approche rampante, mais terriblement efficace : l'imposture et la manipulation du gouvernement américain. Le metteur en scène met sur l'écran la mise en scène du drapeau au sommet du volcan. Un Mythe s'effondre. L' Amérique a menti. Clint montre bien l'histoire des deux drapeaux et la préparation de la célèbre photo de Joe Rosenthal (il ressemble à Groucho Marx casqué dans le film !). Eastwood pose alors la question du pouvoir et de l'interprétation de cette image et de l ‘image en général, donc du cinéma. Dans ce cas le problème se complique car on ne voit pas les visages des 6 soldats américains. Cette icône propagandiste laisse un doute. Qui est qui ? Trois seraient morts après la pose du drapeau. Des trois qui restent et qui sont donnés en pâture au peuple américain, y en a-t-il qui ne sont pas sur le cliché ? Les mères des disparus se posent des questions. Son fils est-il sur le cliché ? Sommes-nous face à un mensonge concernant les héros ? Bonne question car le (les) drapeau a été posé dans les premiers jours du débarquement. Le combat a continué plus d'un mois après cet acte symbolique, faisant des milliers de morts… Un vrai carnage. Nos trois trouffions planteurs de drapeau sont donc totalement manipulés par l'administration US et souvent embarrassés par le jeu qu'on leur fait faire. Ils sont obligés de faire une tournée, au sens spectacle du terme. En effet l'argent est le nerf de la guerre. Les trois hommes servent donc d'appât pour faire rentrer des billets verts par le bon peuple américain, qui, fasciné par la photo, veut ses braves soldats en chair et en os.
De lamentables rencontres et reconstitutions dans des stades rendent la foule hystérique. Du pain et des jeux comme au temps des gladiateurs à Rome. Il manque Russel Crowe ! Eastwood pose là une question majeure: qu'est-ce qu'un héros ? Lors des shows, le trio d'Iwo Jima avec grande honnêteté déclare qu'ils ne sont pas des héros : ce sont les soldats tués qui en sont. Et au final, Clint, philosophe, fait dire que les héros n'existent pas, que nous les créons car nous en avons besoin. On ne peut plus clair. Et là on pourrait sous-titrer : "Derrière chaque soldat peut se cacher un héros"...
Ne vous méprenez pas : ceci n'a rien de patriotique. C'est à double sens,ironique et grinçant comme le film !
Au fil du temps, les trois hommes, un américain pure souche (sans doute irlandaise), un au nom bien français et le dernier l'américain, le vrai, un « native » :l'indien(image symbolique du fameux crédo du meltingpot cher à Paul Haggis) ne supportent plus cette situation imposée . L'indien sort de sa «réserve», péte un câble et sombre (ou rechute ?) dans l'alcoolisme. Nouveau coup de griffe d'Eastwood qui aborde la terrible condition de vie des Indiens dans les réserves où sévissent endémiquement, misère , alcoolisme et tuberculose. Le réalisateur avait déjà abordé la question dans "Josey Wales hors la loi" avec le personnage de Chief Dan George. Mais le héros Indien, chair à canon exploité, est sans cesse renvoyé à son indianité (être inférieur) par les politiques et militaires US (y compris le Président…) par le biais de plaisanteries douteuses sur ses origine. Héros, certes, mais Indien toujours . Mais la mémoire de ses pères est le génocide de sa race par les blancs, fondement des USA. De ce spectacle terrible que vivent et font les trois soldats, il faut citer un plan sublime qui résume tout. Lors d'un dîner, l'on sert un gâteau blanc (sic) qui reproduit la photo en relief. Le serveur fait couler dessus une sauce de fruit rouge… sang.
Et Easwood va encore plus loin. En civil, les trois « héros» ont droit à un hommage des Marine's devant la statue qui reproduit la photo de Rosenthal, près du cimetière d'Arlington où sont enterrés John Kennedy et les soldats tués au VietNam. Arlington : "Le jardin de pierres", très beau film de Coppola ( voir image et plan sur le site). Et les japonais où sont-ils? On les voit peu, dans le noir, qui se font tuer. Ce sont surtout leurs armes qui sont filmées. Ces courtes apparitions finissent dans une grotte de l'île, annonçant avec violence et subtilité le second volet, le point de vue des japonais :Il faudra attendre le 10 janvier 2007.
Patience, nous avons le temps de digérer un très, très grand film, qui fait un pied de nez à ceux qui pensent encore qu'Eastwood est toujours le macho-facho de l'inspecteur Harry, en fait un anarchiste, qualificatif plus adapté et image réelle du personnage Eastwood. Sans oublier son côté romantique et son talent musical commme auteur avec son fils Kyle d'une très belle partition parfaitement adaptée.

Clint avec son "magnum" préféré : la caméra !
PS : le destin est malicieux (ou les réalisateurs ?). Le soldat "popeye" ( en fait Bradley , l'auteur du livre d'origine) se prénomme dans la vie Ryan; l'indien a un nom «américain» étonnnant pour un débarquement sur une plage : Beach . Quant au comédien Barry Pepper, le tireur d'élite dans "Ryan" de Spielberg, explosé par un canon de char de la Waffen SS, il est ressuscité, mais se fait tuer une seconde fois à Iwo Jima en 1945... après la Normandie en 1944. Il faut le faire. Vive le cinéma !
PS personnel et narcissique : Il est perturbant de savoir que l'attaque d'Iwo Jima a lieu le 16 février 1945, la veille de ma naissance et que je devais crier pour manger pendant la pose du (des) drapeau à des milliers de kilomètres de Paris…
JEUX DE « MAUX » par Mister Bonzo Concernant un film, je ne parle jamais de critique, ou des très classiques «j'aime" ou "j'aime pas". J'essaye de parler cinéma, hors mes goûts personnels.
La sortie du film de Clint Eastwood "Mémoires de nos Pères", est l'occasion de faire un point sur le travail des journalistes français censés écrire "objectivement" sur le cinéma, hors de tout narcissisme et effets pseudo littéraires.
Première constatation : il est peu question, dans de nombreux articles de cinéma, de sa spécificité par rapport aux autres modes artistiques qui en fit le 7° Art. Pour parler d'un film, faudrait-il déjà avoir une bonne connaissance de ce médium : écriture, construction, mise en scène, jeux des comédiens, découpage, montage, lumière, musique... Comme l'a écrit Elia Kazan en 1962 : "Il faut tout connaître". Il a toujours raison.
Deuxième constatation : la majorité des « papiers » sont formatés (comme dans toute la presse française sur d'autres sujets) : r ésumé de l'histoire (souvent « inspiré « par le dossier de presse), approche personnelle du film avec des titres "accrocheurs".
Reste ce qui fait le style, l'homme qui écrit. C'est là où certains journalistes rivalisent. C'est à celui qui trouvera un style, non par rapport au film, mais pour mettre en avant son égo plus que d'analyser sérieusement le film. On atteint alors des sommets abscons.
Prenons donc quelques exemples déconcertants concernant « Mémoires de nos Pères ». Un titre : « Le vieil homme et la guerre », mauvaise adaptation du « Vieil homme et la mer » d'Ernest Hemingway. Ca fait cultivé. Mais si le mot guerre s'impose, dire d'Eastwood que c'est un vieil homme est vrai mais inexact, car malgré ses 76 ans c'est un cinéaste d'une extrême jeunesse. Ce qualificatif de vieux est à la limite de l'impolitesse concernant un homme aussi actif et élégant (comme il est dit sur la page d'accueil du site : « … étonnant septuagénaire qui ne cesse de se projeter vers l'avenir, à un âge où d'autres s'enferment avec résignation entre les murs obscurs de leur fin de vie). Mais comme toujours, nos journalistes savent se tenir sur le fil du rasoir. C'est un sport national dans ce domaine.
Autre titre savoureux : "Eastwood , branle-bas de combat". Cette accroche qui n'a aucun sens, digne de l'Almanach Vermot (en moins bien), sous-entend implicitement que l'on va voir un film "patriotique", ce qui est faux. Le journaliste trouve le film brouillon, c'est son droit. Il doit sans doute parler de la manière originale d'écrire en parallèle de Paul Haggis, un homme qui, lui, a du style. Au cœur de l'article on trouve un mot surprenant compte-tenu du sujet: "jonglerie". Eastwood, qui doit travailler dans le BTP, tenterait d'agglomérer plusieurs strates dans un périlleux numéro de jonglerie. Iwo Jima est certes un cirque de distraction ! Mais qui est le vrai clown dans l'affaire ? Il se reconnaîtra.
Continuons : reste la question de la morale "moderne" du film .Que vient faire le mot morale ? Est-ce faire la morale, parler de la morale de l'histoire, ou de la spécialité philosophique ? Et puis, guerre et morale sont assez antinomiques. Eastwood enfoncerait des portes ouvertes... (sic). Reste le meilleur pour la fin. Pour les gardien du Temple de l'argentique, la cruauté de la guerre est recréée "avec tous les moyens numériques". Certes, il y en a, car le numérique est le quotidien et le futur du cinéma. Pour certains, le mot numérique (effets ,décors, étalonnage) est presque un mot obscène !
La violence : mais la violence est surtout filmée au niveau de l'acteur et de la situation. Autre "outil" eastwoodien. Après la jonglerie, le gore : notre journaliste confond la boucherie d'Iwo Jima avec "Blair Witch". Un comble, peu respectueux pour les soldats massacrés. Mais ceci peut attirer les jeunes "gothiques"… s'ils ont lu l'article, ce dont je doute fort.
Dans un autre style et un autre support, l'accroche est : "l' Héroisme ordinaire selon Eastwood". Lequel éclairerait avec mélancolie l'histoire qu'il filme. Mélancolie. Esatwood serait-il déprimé, dans un état de tristesse vague ? … Le Spleen de Baudelaire ? Ce mot ne semble convenir ni à la vigueur de Clint, ni au film. Mélancolie : bile noire . Ce qui est noir c'est le sable d'Iwo Jima… Il ne s'agit pas non plus de nostalgie.
Continuons. Le film rejoint, paraît-il, la grande tradition hollywoodienne, expression "tarte à la crème" (ou tarte tout court ?) quand on ne sait plus quoi dire ni analyser la spécificité du film. Qu' est la Grande tradition hollywoodienne ? Surtout que l'auteur de l'article en question mélange le lyrisme de King Vidor avec les comédies matrimoniales de George Cukor ! Nous lui accordons John Ford dont le film peu connu sur la guerre du Pacifique «Les sacrifés» (au titre on ne peut plus explicite) aurait pu être cité car il colle parfaitement avec le Iwo Jima d'Eastwood. Cerise sur le gâteau, le sous-titrage de la photo du débarquement : «Au delà du film de guerre, ce long métrage (on s'en doute…) rejoint les grandes fictions hollywoodiennes". Au-delà n'a aucun sens dans cette phrase. Le film de guerre est un genre totalement intégré, récurrent du cinéma américain. Il n'a jamais été au-delà. C'est une évidence historique.
Dépité de tout ce que j'avais lu, je prends pour la première fois instinctivement le journal du soir, gratuit, à la sortie du métro parisien . Et là, surprise, je tombe sur un court papier sur le film dont le titre est seulement celui du film. Un texte,court, concis, clair, bien écrit, juste, sans effet de manches et qui ne laisse pas Spielberg aux oubliettes dans ce projet majeur. Bref du bon journalisme, objectif, tel que l'aurait aimé Samuel Fuller dont ce fut le premier métier avant la réalisation.
Cela fait du bien.
Bonzo de mauvaise humeur
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JEUX D'IMAGES
En réponse à ce cliché d’une réussite militaire et symbolique incontestable et pourtant fortuite dans un premier temps, le photographe officiel soviétique Evgueni Khaldei va répondre avec le même souci de glorification. Ce sera lors de la prise de Berlin quelques mois plus tard, en avril 1945.
Il préparera consciemment un cliché similaire, hanté qu’il est par l’aura incommensurable qu’a eu le cliché de Joe Rosenthal.
Ce sera donc du haut du Reichstag en ruine que l’Armée Rouge va faire flotter l’immense bannière soviétique. Le résultat en sera attendu sans surprise : un magnifique cliché en plongée d’un Berlin conquis et dévasté et un succès comparable à la photographie d’Iwo Jima.
 Clint Eastwood expose et questionne la notion essentielle de propagande qui encadre toute communication en temps de guerre et induit les représentations qui en découlent et demeurent. En ces temps troubles de conflit terroriste où les médias sont partisans, consentants ou aveuglés, voir un auteur de cinéma s’en préoccuper est d’ailleurs plus qu’intéressant et salvateur.
Et cela l’est d’autant plus si l’œuvre est signée d’un cinéaste américain et républicain aussi admiré et honorable que Clint Eastwood. Questionner l’usage politique de l’image et son pouvoir, interroger son rapport propre à l’élaboration d’une vérité qui n’en serait pas une, devient dès lors une réflexion porteuse, très contemporaine et fructueuse dans le contexte d’une administration Bush dépassée.
La narration fragmentée est l'un des points forts du film. elle permet de ne pas nous assommer avec des scènes de guerre impressionnantes mais répétitives (et franchement, un film qui ne montrerait de la guerre que des combats ne serait pas très intéressant).De plus les séquences de guerre sont une portion congrue du métrage.
Intelligent, posé, critique mais mesuré et surtout fondamentalement humain, Eastwood a encore une fois mis ses qualités d’homme au service du cinéma.
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TROIS CAMARADES
Par J.P. Godard
Certes, le cinéma est par définition l'image en mouvement, mais un arrêt sur l'image peut dire beaucoup. La photo que nous vous proposons d'examiner résume totalement la vision de Clint Eastwood. Nous ne sommes plus dans la guerre, mais dans l'exploitation de la guerre, la propagande.
 Cette photo nous montre les trois «héros» du drapeau d'Iwo Jima, manipulés pendant que leurs camarades dans le pacifique se font toujours massacrer… Regardons la donc à la loupe. Que voit–on ? Trois soldats sortis du «voyage au bout de l'enfer» comme avait dit Michael Cimino du Viet-Nam. Ce sont des rescapés pour des raisons politiques et manipulatrices.
Première constatation : les uniformes. Il y en un de la Navy (uniforme bleu sombre et bob «Popeye»), et deux de l'armée de terre (le kaki). Mais le personnage central à un grade et une attitude supérieurs (casquette très british comme Alec Guiness dans le «Pont de la Rivière Kwai» de David Lean ). Le second un calot, signe de grade inférieur. Mais c'est « l'indien ».
Regardons maintenant la position des bras et des mains qui en disent long. Le marin à les bras légèrement éloignés du corps, les doigt légèrement serrés pour ne pas dire crispés. Ce n'est en aucun cas une position réglementaire car elles devraient être droites et collées au pantalon. Ses deux camarades sont sensiblement dans la même position. Mais le plus important est le regard, car au cinéma c'est l'œil qui joue le premier. Le regard est tout et dit tout. Alors apparaissent les différences.
Le marin, malgré son visage poupin, a du mal à masquer une colère rentrée.

René, lui, s'en sort par un regard altier pour faire bonne figure.

Reste l'Indien qui regarde à côté. Il sait qu'il ne fait pas partie de ce monde et que sa réserve en Arizona est un faux « chez lui » au milieu des USA.
Les trois camarades est un thème récurrent du cinéma américain. Nous en retiendrons trois célèbres :
- « Trois camarades », film prémonitoire de Frank Borzage qui se déroule en Allemagne entre les deux guerres (1938)
- « Les trois lanciers du Bengale » d'Henry Hathaway situé en Inde pendant la colonisation britannique (1935)
- « Le fils du désert » (Three godfathers - trois parrains en anglais) western biblique de John Ford (1948). Ce grand réalisateur a aussi tourné un documentaire en couleurs sur la guerre du Pacifique : « La bataille de Midway » (1942).
Pour plus d'infos et pour ceux qui lisent l'anglais, consulter l'incontournable site imdb.com. Tout le cinéma mondial y est.
L'OUBLIÉ
Dans la liste des films sur Iwo Jima (voir ci-dessus) nous en avons oublié un : "The Outsider" (il n'est pas de notre monde, c'est un étranger). En français, cela donne "Le héros d'Iwo Jima" ! - 1962 de Delbert Mann , à ne pas confondre avec Anthony, Daniel ou Michael Mann…

Trois autres camarades


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Au départ il s'agissait d'une pièce de théâtre, portée à la télévision avec Lee Marvin. L'histoire est centrée sur l'Indien Ira Hayes. Le script est de Styewart Stern, l'auteur de "La fureur de vivre" de Nicholas Ray avec James Dean. Dans le film de Delbert Mann (Oscarisé pour son film "Marty"), l'Indien est joué par Tony Curtis "maquillé", loin de sa composition dans "Certains l'aime chaud" de Billy Wylder.


Le film raconte donc la "gloire" et la décadence du marine d'origine indienne. Pour ceux qui ont vu le film, ce dernier est moins bien que la pièce. Citons Bertrand Tavernier : "Tony Curtis y était excellent, mais la mise en scène ne rendait pas justice à ce sujet exceptionnel." (Dans "50 ans de cinéma américain").

(Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du haut à gauche)
George Schrier, John Bradley, Ira Hayes et Rene Gagnon
à la station de Washington DC pour la première des « sables d'Iwo Jima » 1949.
Schrier a mené le peloton vers le sommet du Mont Suribachi pour élever le premier drapeau,
Bradley était un directeur d'une entreprise funéraire dans le Wisconsin,
Hayes ouvrier agricole en Arizona
et
Gagnon employé d'une compagnie aérienne dans le New Hampshire.
Nous avions donc oublié "l'oublié". Dont acte. Personne n'est parfait…
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